Introduction
Le Conseil d’élimination du paludisme du Nigéria a joué un rôle déterminant pour faire du paludisme une priorité du budget fédéral, obtenant notamment une augmentation significative des fonds dédiés pour les exercices budgétaires 2025 et 2026.
Création de lignes budgétaires spécifiques pour la lutte contre le paludisme
Le 23 août 2024, lors d’une réunion du Conseil présidée par Aliko Dangote, le Programme national d’élimination du paludisme a présenté les besoins non financés identifiés dans le plan stratégique national de lutte contre la maladie.
Au cours de cette séance du Conseil d’élimination du paludisme, les présidents de la Commission de la Chambre des représentants chargée du VIH/sida, de la tuberculose et du paludisme et de la Commission du Sénat chargée de la santé — tous membres du Conseil d’élimination du paludisme — ont interpellé le ministre d’État à la Santé et à la Protection sociale. Ils ont demandé au ministère de chiffrer précisément les besoins liés au paludisme et de les inclure dans sa proposition budgétaire pour 2025.
Les membres du Conseil d’élimination du paludisme se sont réunis à plusieurs reprises au cours du quatrième trimestre 2024 pour veiller au maintien de cette demande lors de l’arbitrage budgétaire, en alignant les besoins sur les opérations en cours (déploiement du vaccin R21/Matrix-M) et sur le suivi de la mise en œuvre (traçabilité des vaccins et des dispositifs).
Cette approche a porté ses fruits. Le budget fédéral 2025 adopté prévoit des lignes budgétaires spécifiques pour le paludisme. Celles-ci incluent une enveloppe initiale de 52 millions de $ US couvrant à la fois le déploiement du vaccin antipaludique et des interventions complémentaires (lutte antivectorielle et prise en charge des cas). À titre d’exemple, le budget alloue 43 milliards de nairas à la vaccination des nourrissons contre le paludisme ainsi qu’au système de suivi des vaccins et des dispositifs, au sein d’une enveloppe globale de 232 milliards de nairas consacrée à la vaccination.
Le Nigéria a également réagi rapidement pour combler les déficits de financement causés par la suspension des ressources de l’USAID. Les législateurs (sous l’impulsion de plusieurs membres du Conseil d’élimination du paludisme) ont approuvé une rallonge de 200 millions de $ US pour compenser les manques à gagner concernant la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.
Les membres du Conseil d’élimination du paludisme poursuivent leurs efforts pour garantir un financement national pérenne de la lutte contre le paludisme. Les membres de la Commission parlementaire sur le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme ont publiquement soutenu la création d’une ligne budgétaire dédiée au paludisme à partir de 2026. Par ailleurs, des voix plus larges au sein de l’Assemblée nationale ont insisté pour que les dépenses de santé essentielles soient prioritaires afin de garantir des déblocages automatiques.
Ces positions ont été réaffirmées lors d’un séminaire législatif au troisième trimestre 2025, qui a réuni des membres de l’Assemblée nationale, le ministère fédéral de la Santé, le Programme national d’élimination du paludisme (PNEP), des partenaires au développement et des organisations de la société civile.
Suite à une présentation du coordinateur de la Commission de mobilisation des ressources nationales (« Mobilisation des ressources nationales : l’option de la Commission de mobilisation des ressources nationales »), les participants se sont engagés à renforcer leur soutien par le biais de projets de circonscription et ont formulé des recommandations visant à créer une ligne budgétaire spécifique pour le paludisme, à accroître le financement public de la lutte contre le paludisme afin de réduire la dépendance aux donateurs et à utiliser les outils politiques et législatifs pour renforcer la lutte contre le paludisme et son élimination.
Cette approche a porté ses fruits. Le gouvernement fédéral a alloué 63 millions de $ US à la lutte contre le paludisme dans son budget 2026 et 12 millions de $ US aux fonds parlementaires destinés à la mobilisation des électeurs.
Augmentation des ressources nationales
L’augmentation des ressources nationales du Nigéria s’inscrit dans la tendance continentale, dans un contexte de resserrement de l’aide au développement. Les dirigeants et partenaires de l’Union africaine ont insisté sur la nécessité d’accroître les investissements nationaux dans la lutte contre le paludisme et la santé. Lors de la réunion d’Abuja intitulée « Big Push » en septembre 2025, ils ont appelé à pérenniser les programmes grâce à des solutions nationales.
Leçons tirées : Des demandes concrètes et assorties d’échéances précises
L’approche du Conseil d’élimination du paludisme garantit que les décideurs compétents se réunissent pour discuter et résoudre les difficultés rencontrées par le Programme national d’élimination du paludisme (PNEP). Ceci permet de responsabiliser les acteurs et de transformer une lacune technique en une demande budgétaire concrète, pouvant être gérée par les membres du Conseil.
La demande était concrète et assortie d’échéances précises : un poste budgétaire pour la vaccination contre le paludisme, ainsi qu’un poste de suivi pour améliorer la distribution et la responsabilisation sur le terrain – une démarche bien plus facile à mobiliser que des appels génériques.